Manomètre à aiguille rouge pour pneus de voiture, gradué en bar et en psi, posé sur un fond gris clair

Pression des pneus : le geste qui fait économiser du carburant

L’essentiel

  • Le chiffre à retenir : selon l’ADEME, un sous-gonflage de 0,3 bar fait consommer 1,2 % de carburant en plus, et 0,5 bar 2,4 % de plus.
  • L’automne n’arrange rien : chaque baisse de 10 °C fait perdre 0,07 à 0,14 bar au pneu, en plus de la fuite naturelle (0,07 à 0,1 bar par mois selon les sources).
  • La consigne : étiquette de la porte conducteur, trappe à carburant ou carnet d’entretien. Jamais sur le flanc du pneu.
  • La méthode : une fois par mois et avant un long trajet, à froid, avec un manomètre fiable.

Mis à jour le 9 octobre 2026. Sources vérifiées ce jour. Chiffres français, sauf mention contraire.

Si on vous disait qu’il existe un geste qui économise du carburant, améliore le freinage, ménage vos pneus et ne coûte rien (sauf si la borne de gonflage est en panne, ce qui arrive), vous répondriez sûrement « donc personne ne le fait ». Vous n’auriez pas tort : une étude citée par le TNPF indique que, dans une opération menée sur les autoroutes françaises en 2000, plus de la moitié des voitures roulaient avec des pneus sous-gonflés d’au moins 0,3 bar. Les chiffres sont anciens, mais le réflexe, lui, ne s’est pas beaucoup amélioré. Et comme les nuits se rafraîchissent, c’est maintenant que ça se joue.

+2,4 %

de carburant en plus

pour 0,5 bar de sous-gonflage — ADEME, page mise à jour le 25 août 2026

11 m

de freinage en plus sur sol mouillé

avec 1 bar d’écart par rapport à la consigne — Michelin

0,07 à 0,14 bar

perdus par tranche de 10 °C

quand la température extérieure baisse — Continental

Combien coûte vraiment un pneu mou ?

Un pneu sous-gonflé s’écrase davantage, chauffe plus et résiste plus au roulement : il faut donc plus d’énergie pour avancer. D’après le Syndicat du Pneu, qui reprend des essais de l’UTAC, un écart de 0,3 bar augmente la résistance au roulement d’environ 6 % et un écart de 1 bar d’environ 30 %. Cela se traduit par une surconsommation comprise entre 1,2 % et 6 % selon l’écart.

Surconsommation de carburant selon le sous-gonflage −0,3 bar +1,2 % −0,5 bar +2,4 % −1 bar jusqu’à +6 % Sources : ADEME (page mise à jour le 25 août 2026) ; UTAC via Syndicat du Pneu (fourchette de 1,2 % à 6 %). Ordres de grandeur.

Pour donner un ordre de grandeur en euros, prenons le budget énergie d’une voiture essence calculé dans notre article sur le coût d’une voiture par an : 119 € par mois selon Roole Data (données 2024), soit 1 428 € par an.

Sous-gonflage Surconsommation Sur 1 428 € de carburant par an*
0,3 bar en dessous +1,2 % ≈ 17 € de trop
0,5 bar en dessous +2,4 % ≈ 34 € de trop
1 bar en dessous jusqu’à +6 % ≈ 86 € de trop

* Calcul Oxycar : pourcentages ADEME et UTAC appliqués à 1 428 €. Exemple indicatif, pas un chiffre mesuré sur votre voiture. À titre de comparaison historique, un ancien guide pratique de l’ADEME (référence parc 2008, carburant à 1,50 €/l) chiffrait 0,5 bar de sous-gonflage à 33 € et 58 kg de CO₂ par an.

Ce n’est pas la ruine, mais c’est gratuit à récupérer, et ça se cumule avec le reste : voyez quel carburant choisir pour agir sur l’autre moitié de la facture. L’ADEME précise d’ailleurs que des pneus « basse consommation » permettent d’économiser jusqu’à 5 % de carburant : l’étiquette énergie des pneus neufs est là pour ça (et notre article sur pneus 4 saisons ou hiver vous aidera à choisir avant novembre).

Pourquoi le froid d’automne pose problème

Un pneu ne garde pas son air indéfiniment : il se dégonfle naturellement. La Sécurité routière parle de jusqu’à 0,1 bar par mois, même sans rouler ; Michelin indique plutôt environ 0,07 bar par mois. Une valve fatiguée ou un bouchon de valve perdu accélère la fuite (Michelin).

À cette fuite s’ajoute la physique : Continental indique que pour chaque baisse de température de 10 °C, la pression d’un pneu chute de 0,07 à 0,14 bar. Si le thermomètre passe de 20 °C à 5 °C entre septembre et ce matin, cela représente de l’ordre de 0,1 à 0,2 bar en moins (calcul Oxycar). Ajoutez un mois de fuite naturelle : vous voilà vers 0,2 à 0,3 bar de moins que la consigne, sans avoir vu le moindre pneu à plat. D’où le conseil de Michelin : à la bascule des saisons, un contrôle mensuel permet de faire l’ajustement.

Le piège du garage chaud

Gonfler dans un garage à 18 °C, puis rouler dehors par −2 °C : le pneu va refroidir et perdre de la pression. Michelin recommande dans ce cas d’ajouter 0,2 bar à la consigne constructeur (écart de 20 °C). Si vous gonflez directement à l’extérieur, suivez simplement la consigne.

Où trouver la bonne pression ?

Où chercher Ce qu’on y trouve Source
Porte conducteur (étiquette) La consigne, en bar (ou en psi : 1 bar = 14,50 psi) Michelin
Intérieur de la trappe à carburant Même information, selon les modèles Michelin, Continental
Carnet d’entretien / manuel (boîte à gants) Les pressions préconisées par le constructeur Michelin, Sécurité routière
Dernier contrôle technique Dernier recours si rien d’autre n’est lisible Sécurité routière
Le flanc du pneu Non : la pression recommandée ne s’y trouve pas Michelin

Deux détails à ne pas rater : la pression des pneus avant et arrière peut être différente, et l’étiquette distingue souvent une pression « normalisée » d’une pression « en charge », à utiliser par exemple pour un départ en vacances (Michelin).

Vérifier à froid : la méthode en 5 étapes

Situation Que faire Source
Pneus froids (arrêt de plus de 2 h, ou moins de 2 à 3 km à allure réduite) Mesurer et régler sur la consigne constructeur Michelin, Sécurité routière
Pneus chauds, mesure en urgence Ajouter 0,3 bar à la consigne, puis recontrôler à froid. Ne jamais dégonfler un pneu chaud Michelin, Sécurité routière, Syndicat du Pneu
Gonflage dans un garage chauffé (18 °C) alors qu’il gèle dehors (−2 °C) Ajouter 0,2 bar à la consigne (écart de 20 °C) Michelin (guide pneus hiver)
Voiture très chargée (vacances, déménagement) Utiliser la pression « en charge » de l’étiquette Michelin
  1. Repérez la consigne (voir plus haut) avant de toucher à quoi que ce soit.
  2. Mesurez à froid, un pneu après l’autre, valve dévissée, embout bien ajusté pour éviter les fuites (dépliant de la Sécurité routière).
  3. Comparez et ajustez : trop bas, on gonfle ; trop haut, on dégonfle (Michelin).
  4. Regonflez les pneus un par un, même si la borne permet d’en traiter deux à la fois (dépliant de la Sécurité routière).
  5. Revissez le bouchon de valve et pensez à la roue de secours : une ou deux vérifications par an suffisent (Michelin).

Un détail qui compte : Michelin prévient que le manomètre d’une station-service n’est pas toujours étalonné. Idéalement, vérifiez avec un manomètre étalonné, ou utilisez toujours le même compresseur pour que l’écart éventuel de réglage ne fausse pas vos comparaisons (Michelin).

Mise à jour du 13 octobre 2026 : envie de gonfler chez vous plutôt qu’à la borne ? Sans fil ou 12 V, débit, précision du manomètre et arrêt automatique : six modèles sont comparés, tests à l’appui, dans notre article Gonfleurs de pneus portables : ce que disent les fiches et les tests.

Et mon voyant de pression ? Il fait le travail, non ?

En partie. Un TPMS (système de surveillance de la pression) est obligatoire sur les voitures neuves de l’Union européenne : d’après un texte européen E 7134 transmis au Parlement français en 2012, les autorités nationales devaient refuser, à compter du 1er novembre 2014, l’immatriculation, la vente et la mise en service de voitures (catégorie M1) qui n’en seraient pas équipées. Michelin résume : un véhicule fabriqué après 2014 devrait en avoir un. Mais Michelin recommande de ne pas attendre le signal, et Continental conseille de vérifier la pression même avec un TPMS : le voyant peut d’ailleurs s’allumer le matin, quand l’air est froid.

Et si vous préparez la voiture pour l’hiver, profitez-en : notre guide du contrôle technique et celui sur l’huile moteur complètent la check-list.

La sécurité, la vraie raison de s’y mettre

  • Freinage : un écart de 1 bar peut augmenter la distance de freinage sur route mouillée de 11 mètres, et le risque d’aquaplaning augmente nettement sous la consigne (Michelin).
  • Éclatement : si l’on roule trop longtemps avec un pneu sous-gonflé, il chauffe et peut se disloquer ; la Sécurité routière rappelle que le sous-gonflage est difficilement perceptible à l’œil nu (dépliant de la Sécurité routière).
  • Usure : le sous-gonflage use les épaules du pneu, le surgonflage le centre de la bande de roulement (Michelin).
  • Chiffres anciens mais parlants : en 2003, les pneus étaient associés à 9 % des accidents mortels survenus sur autoroutes en France, et près d’un automobiliste sur deux roulait avec au moins un pneu insuffisamment gonflé (dépliant de la Sécurité routière, publication de 2005).

Et si vous roulez en électrique ? Le TNPF rappelle que des pneus sous-gonflés augmentent la résistance au roulement et réduisent aussi l’autonomie : la logique est la même, avec des kilomètres en moins plutôt que des litres en plus. Pour comparer les coûts, voyez le coût au kilomètre électrique et thermique.

Autre levier, côté vitesse : sur autoroute, rouler à 110 plutôt qu’à 130 km/h économise de 1,4 à 6,5 litres sur un Lyon–Paris selon la voiture testée. Le calcul, au prix du jour, est dans notre guide « Rouler à 110 au lieu de 130 ».

FAQ

À quelle fréquence vérifier la pression de ses pneus ?
Au moins une fois par mois et avant un long trajet, selon Michelin, l’ADEME et la Sécurité routière. Continental préconise toutes les deux semaines par temps froid.

Faut-il gonfler plus fort en hiver ?
Suivez d’abord la consigne du constructeur. Michelin recommande d’ajouter 0,2 bar seulement si vous gonflez dans un garage chauffé alors qu’il fait nettement plus froid dehors ; en extérieur, fiez-vous à la consigne (Michelin).

Puis-je me fier à la pression gravée sur le pneu ?
Non : la pression recommandée ne se trouve pas sur le flanc du pneu, mais sur l’étiquette du véhicule ou dans le manuel (Michelin).

L’azote change-t-il la donne ?
Il limite la fuite, mais ne l’annule pas : Michelin précise que ni l’air ni l’azote ne gardent la pression indéfiniment, donc la vérification mensuelle reste de mise (Michelin).

Quand faut-il changer ses pneus ?
Dès que le témoin d’usure affleure (1,6 mm de sculpture, la limite légale) ; Michelin recommande aussi un remplacement à 10 ans d’âge, même sans usure. Les seuils conseillés sur sol mouillé, la lecture du code DOT et les essais sont détaillés dans notre guide « Pneus : usure, âge et DOT ».

Sources

Image à la une : manomètre de pneu, photo d’Antti (Flickr) sur Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0 (redimensionnée).

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