Place de parking souterrain marquée d’une prise verte, avec une borne de recharge murale au fond et deux voitures électriques de part et d’autre

Recharger sa voiture en copropriété : le droit à la prise, mode d’emploi

Publié le 10 octobre 2026 · règles françaises · sources consultées le jour même · aucun lien affilié

L’essentiel

  • 🔌 Pas de vote en assemblée générale pour une borne individuelle : avec une place attitrée, le « droit à la prise » vous permet d’en poser une à vos frais.
  • ⏱️ Le syndic a 3 mois pour s’y opposer, et seulement devant un juge, pour un motif sérieux et légitime. Sans saisine dans ce délai, vous pouvez faire les travaux.
  • 💶 Aides 2026 : prime Advenir de 50 %, plafonnée à 1 000 € HT, et TVA à 5,5 %. Le crédit d’impôt, lui, a disparu.
  • 🅿️ Pas de place attitrée ? Le droit à la prise ne s’applique pas : il reste la voie collective, votée en assemblée.

Vous avez une électrique (ou l’envie d’en avoir une), une place au sous-sol… et un syndic qui répond aux courriels à la vitesse d’un escargot en hiver. Bonne nouvelle : la loi a prévu le coup. Pour choisir entre wallbox et prise renforcée, direction notre guide de la borne de recharge à domicile.

3 mois

pour que le syndic saisisse le juge

passé ce délai, il est forclos (article R. 113-8)

85 %

des immeubles collectifs sans recharge

ni équipés, ni en cours d’équipement (baromètre T4 2025, cité par Advenir)

1 000 € HT

de prime Advenir au maximum

50 % du coût HT, par point de recharge individuel, depuis le 1er avril 2026

Droit à la prise ou infrastructure collective : deux routes

Selon Enedis, il existe deux façons d’équiper un parking d’immeuble : demander une infrastructure collective (une installation électrique qui permet à chaque résident intéressé de raccorder sa borne), ou exercer le « droit à la prise », une solution individuelle, à vos frais (Enedis). Un foyer sur deux vit en résidentiel collectif, rappelle Advenir.

Droit à la prise (individuel) Infrastructure collective
Pour qui ? Un copropriétaire, un locataire ou un occupant de bonne foi avec une place attitrée Tout le parking : chaque résident intéressé pourra ensuite se raccorder
Vote en assemblée générale ? Non : une simple information à l’ordre du jour Oui. Majorité simple si le syndicat n’a aucun reste à charge (loi Climat et Résilience)
Qui paie ? Le demandeur : borne, travaux, électricité consommée Selon le modèle : copropriétaires (tantièmes), tiers investisseur ou préfinancement du gestionnaire de réseau
Délai 3 mois pour que le syndic s’oppose, puis la convention (2 mois) 12 à 18 mois, selon Enedis
Bon à savoir Le syndic ne peut refuser que pour un motif sérieux et légitime, devant un juge Plus économique par résident quand le parking compte plusieurs candidats

Sources : Enedis, Enedis (vote en AG), AMELIO, Enedis (délais).

Le droit à la prise : qui peut s’en servir ?

Le texte de base, c’est l’article L. 113-16 du Code de la construction et de l’habitation : le syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic, « ne peut s’opposer sans motif sérieux et légitime » à l’équipement des places de stationnement d’installations de recharge, à condition qu’elles permettent un comptage individualisé des consommations et soient installées aux frais du demandeur (texte de la base LEGI, via LibreJustice). Il vaut pour les copropriétaires occupants, les locataires et les occupants de bonne foi.

D’après AMELIO (service public de la Métropole européenne de Lille), il faut une place attitrée, intérieure ou extérieure ; en revanche, un projet d’achat à court terme suffit, pas besoin d’avoir déjà la voiture.

Le mode d’emploi, étape par étape

Le droit à la prise en 5 étapes 1 Dossier l’installateur IRVE prépare descriptif, plan et schéma 2 Notification lettre recommandée au syndic (locataire : d’abord au bailleur) 3 3 mois le syndic ne peut s’opposer qu’en saisissant le juge 4 Convention le syndic la signe avec l’installateur sous 2 mois 5 Travaux pose, comptage individuel, puis mise en service Sources : articles R. 113-8 et R. 113-9 du Code de la construction et de l’habitation (base LEGI), Enedis, AMELIO. Locataire : le bailleur a 1 mois pour transmettre le dossier au syndic (étape 2). Avant d’agir, comparez votre cas à votre règlement de copropriété et à votre installateur.

  1. Le dossier. Votre installateur prépare un descriptif détaillé des travaux, un plan technique d’intervention et un schéma de raccordement électrique : ces pièces sont obligatoires (article R. 113-8). Le syndic doit laisser l’installateur accéder aux locaux techniques pour étudier le chantier (article L. 113-16).
  2. La notification. Copropriétaire : vous écrivez au syndic. Locataire ou occupant de bonne foi : vous écrivez à votre bailleur, avec copie au syndic, et il a un mois pour transmettre le dossier (article R. 113-8). Enedis et AMELIO recommandent la lettre recommandée avec accusé de réception. À Versailles, la cour d’appel a rappelé que cette formalité sert à établir la date de la notification (arrêt du 19 septembre 2024) : ne misez pas sur le courriel seul.
  3. Les trois mois. Le syndic ne peut s’opposer qu’en saisissant le président du tribunal judiciaire, à peine de forclusion, dans ce délai. Il notifie sa saisine dans les quinze jours. Sans saisine, vous pouvez faire procéder aux travaux. Une information est inscrite à l’ordre du jour de la prochaine assemblée, sans vote (article R. 113-8).
  4. La convention. Une fois l’installateur choisi, vous notifiez son nom et ses coordonnées. Le syndic dispose de deux mois pour signer la convention avec lui, sans autorisation de l’assemblée ; à défaut, vous pouvez saisir le juge (article R. 113-9).
  5. Les travaux. L’installation doit mesurer votre consommation, qui reste à votre charge (article L. 113-16).

Vous aimez les chiffres ? Les voici côté délais :

Combien de temps avant le premier branchement ? Durées en mois, avant la mise en service (hors recherche d’installateur pour le droit à la prise) 0 3 6 9 12 15 18 Droit à la prise délais légaux max. 3 mois 2 mois 5 mois max. Infrastructure collective estimation Enedis étude travaux 12 à 18 mois Borne en plus, sur une infrastructure existante 4 à 8 semaines Droit à la prise : 3 mois (art. R. 113-8) + 2 mois (art. R. 113-9), somme calculée par Oxycar, sans litige, + 1 mois si bailleur. Infrastructure collective et borne en plus : Enedis. Barres pâles : jusqu’à 18 mois, ou 8 semaines.

Motifs de refus : ce que le syndic peut (vraiment) invoquer

Le Code cite notamment la préexistence d’installations ou la décision du syndicat de réaliser lui-même les travaux pour équiper le parking « dans un délai raisonnable » (article L. 113-16). Mais attention : si le syndicat s’oppose pour cette raison, vous pouvez quand même faire les travaux lorsqu’il ne les a pas engagés trois mois après la saisine du juge, ou ne les a pas terminés six mois après cette saisine (article R. 113-8). C’est là que se cache le fameux « six mois » que l’on croise dans beaucoup d’articles : il ne s’applique pas à tous les refus.

Les voisins ne peuvent pas s’opposer : seul le syndic le peut (AMELIO). Selon un cabinet d’avocats, la Cour de cassation a jugé le 27 février 2025 (n° 23-18.236) qu’un simple devis ne fait pas courir ce délai (lacour-avocat.fr, source secondaire, arrêt non relu).

Et la voie collective ?

Avec plusieurs candidats, la voie collective est souvent plus économique par résident. Elle se vote en assemblée générale ; si la solution ne coûte rien au syndicat, la majorité simple suffit, et les travaux peuvent démarrer dès la notification de la décision, sans attendre les deux mois de contestation (Enedis). Trois modèles de financement existent, selon Enedis :

  • Mutualisation : chacun paie une fraction selon ses tantièmes, plus sa propre borne.
  • Tiers investisseur : il avance les frais, vous payez un droit de connexion ou un abonnement ; reste à charge nul pour le syndicat.
  • Préfinancement Enedis (« réseau électrique auto ») : une quote-part encadrée de 456 à 2 267 € TTC (au 1er janvier 2026, hors amiante), plus la dérivation individuelle et votre borne.

Source : Enedis, modèles économiques en copropriété.

Côté calendrier, prévoyez environ 12 à 18 mois : près de six mois pour recenser les besoins et comparer les solutions, puis jusqu’à six mois de travaux, d’après Enedis. Ensuite, un résident de plus se raccorde en 4 à 8 semaines en moyenne. Et si l’assemblée annuelle vient de passer, la suivante peut se faire attendre.

Les aides en 2026 : mise à jour nécessaire

Aide Montant Ce que disent les sources
Prime Advenir « point de recharge individuel » 50 % du montant HT, plafond 1 000 € HT Immeuble collectif, place dédiée, installateur IRVE. Barème du 1er avril 2026 ; maisons exclues (Advenir).
Prime Advenir « infrastructure collective » 50 % du montant HT, plafond 12 500 € HT jusqu’à 100 places (+ 125 € par place au-delà) Copropriétés et bailleurs. Surprime de 8 000 € HT pour les travaux extérieurs (Advenir).
Prime Advenir « point de recharge partagé » 50 %, plafond 1 660 € HT par point Places partagées ; devis voté en AG avant la demande (Advenir).
TVA réduite 5,5 % au lieu de 20 % Fourniture et pose par un pro IRVE, tous logements (Enedis).
Crédit d’impôt Supprimé Dépenses payées dès le 1er janvier 2026 (Service-Public).
Aides locales À vérifier Selon les territoires (Enedis).

Sources : Advenir (23/03/2026), Advenir individuel, Advenir infrastructure collective, Advenir partagé, Enedis, Service-Public.

Attention : certaines pages en ligne (dont une page Enedis et AMELIO) citent encore un plafond de 600 € pour la prime individuelle et un crédit d’impôt de 75 %. Le premier chiffre précède le barème du 1er avril 2026 ; le second ne vaut plus pour 2026. Nous suivons donc Advenir et Service-Public. Un locataire doit prévenir son propriétaire pour la prime ; s’il refuse, il peut invoquer son droit à la prise (FAQ Advenir). Pour les aides à l’achat du véhicule, voyez nos aides à l’achat d’une voiture électrique en 2026.

Nos conseils de voisin bien élevé

  • 🧾 Commencez par l’installateur : il prépare les pièces obligatoires et sait quelle prime viser.
  • 🤝 Prévenez vos voisins de parking et groupez les demandes si d’autres ont le même besoin : c’est plus simple pour le syndic (AMELIO).
  • 🛡️ Appelez votre assurance habitation pour vérifier que la borne est couverte (AMELIO).
  • 📈 Calculez votre usage avec notre article sur le coût de la recharge d’une voiture électrique et celui sur l’autonomie réelle contre WLTP.

Ce qui reste à vérifier chez vous

  • 📜 Les textes : nous avons relu L. 113-16 et R. 113-8 à R. 113-9 sur LibreJustice, qui reprend la base officielle LEGI (Légifrance n’était pas consultable). Cet article informe, il ne remplace pas un avis juridique.
  • 🏢 Votre règlement de copropriété et l’état de votre tableau électrique : seul l’installateur peut dire si votre cas est simple.

FAQ

Faut-il un vote en assemblée générale pour poser une borne sur sa place ?

Non pour une borne individuelle posée au titre du droit à la prise : le syndic inscrit seulement une information à l’ordre du jour de la prochaine assemblée (article R. 113-8). Oui pour une infrastructure collective : elle se vote, à la majorité simple si le syndicat n’a aucun reste à charge (Enedis).

Un locataire peut-il demander une borne ?

Oui, s’il dispose d’une place attitrée. Il notifie son bailleur, avec copie au syndic, et le bailleur transmet le dossier sous un mois (article R. 113-8). Pour la prime Advenir, le locataire doit aussi prévenir son propriétaire (Advenir).

Et si mon parking n’a pas de places attitrées ?

Le droit à la prise ne s’applique pas. Vous pouvez demander au syndic de mettre le sujet à l’ordre du jour de l’assemblée ; la demande a plus de chances d’aboutir si plusieurs résidents l’appuient (AMELIO).

Sources

Image à la une : places de recharge dans un parking souterrain à Bergen (Norvège), photo de Wolfmann sur Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0, recadrée. Photo d’illustration prise hors de France.

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