Navette autonome électrique rouge Navly roulant sur un quai piéton de Lyon Confluence, sous un immeuble vitré et devant un pont métallique

Voitures autonomes : ce que l’Europe s’apprête à autoriser, et ce qui l’est déjà

Mis à jour le 15 octobre 2026 · Actus auto · règles européennes et ONU, puis droit français · le calendrier 2027 vient de la presse (Libération), pas d’un texte publié

L’essentiel

  • 🇪🇺 Bruxelles veut accélérer : la Commission vise une levée des verrous pour la production et les importations dès le premier trimestre 2027, selon Libération.
  • 📜 Les règles existent déjà en partie : homologation européenne des véhicules sans conducteur, cadre mondial de l’ONU adopté en juin 2026.
  • 🇫🇷 En France, le niveau 3 est légal depuis 2021… mais BMW et Mercedes y renoncent sur leurs nouveaux modèles.
  • 🚗 Le FSD de Tesla n’est pas autorisé en France : c’est une aide de niveau 2, en essai sur nos routes depuis septembre.
  • ⚠️ Les 750 € d’amende qui circulent pour une mise à jour logicielle ne sont pas une sanction automatique.

T1 2027

Objectif de la Commission

Levée des verrous production et importations, selon Libération

130 km/h

Plafond du niveau 3 sur autoroute

Règlement ONU R157, amendé en juin 2022

35 €

Si vous n’êtes pas prêt à reprendre la main

Contravention de 2e classe en mode automatisé (France, barème forfaitaire)

Au Mondial de l’Auto, des visiteurs ont pu essayer les systèmes de Tesla et du chinois Xpeng dans les rues de Paris, et Emmanuel Macron a présidé une table ronde sur le sujet. Deux jours plus tard, Libération titrait « Voitures autonomes : l’UE sort du garage ». Alors, on lâche le volant en 2027 ? Pas si vite. Voici ce qui est écrit, ce qui est prévu, et ce qui reste du salon.

🇪🇺 Ce que Bruxelles prépare

Selon Libération, après « des années de méfiance, de temporisation et de lobbying intense, notamment de Tesla », la Commission « vise une levée des verrous pour la production industrielle et les importations dès le premier trimestre 2027 ». Le chef de l’État veut « une Europe qui prend toute sa place », à condition que « notre chaîne de valeur puisse pleinement en bénéficier » (Élysée, 12/10).

La base existe : le règlement européen 2019/2144 encadre déjà l’homologation des véhicules sans conducteur de niveau 4 (navettes, robotaxis), avec des règles techniques modifiées en mars 2026. En juin, l’ONU a adopté les premières règles mondiales : la machine doit faire au moins aussi bien qu’un conducteur humain compétent.

Ce qui est officiel, ce qui ne l’est pas encore

Aucun communiqué de la Commission n’a accompagné l’article de Libération du 14 octobre. Côté officiel, on a : les règles européennes sur les véhicules sans conducteur (modifiées en mars 2026), le cadre de l’ONU de juin 2026, et un acte européen pour l’intégrer, prévu au 4e trimestre 2026 selon le cabinet Covington. Le FSD de Tesla, lui, relève d’une autre procédure : une demande néerlandaise d’extension à toute l’Union, discutée en comité. Un vote est possible en décembre, sans garantie.

Voiture autonome : les étapes, de 2021 à 2027Points pleins : c’est fait. Points vides (en italique) : annoncé ou possible, pas acquis.Juil. 2021🇫🇷 Décret 2021-873 : le niveau 3 entre dans le Code de la routeJuin 2022🌍 ONU, règlement R157 : niveau 3 sur autoroute jusqu’à 130 km/hFévr. 2026↩️ BMW annonce la fin de son niveau 3, après MercedesMars 2026🇪🇺 Règlement UE 2026/481 : homologation des véhicules sans conducteurAvr. 2026🇳🇱 Pays-Bas : Tesla FSD supervisé autorisé (aide niveau 2)Juin 2026🌍 ONU : premières règles mondiales pour la conduite sans conducteurSept. 2026🇫🇷 Essais du FSD sur routes françaises (2 voitures)Oct. 2026🏁 Mondial de Paris : table ronde de l’Élysée sur le véhicule autonomeDéc. 2026🗳️ Vote européen possible sur le FSD (rien de garanti)T1 2027🔓 Levée des « verrous » visée par la Commission (Libération)Sources : Légifrance, ONU/UNECE, EUR-Lex, L’Auto-Journal, franceinfo, Élysée, NeoTeo, Libération. Frise Oxycar.

🎚️ Les niveaux, en 30 secondes

Tout se joue sur une question : qui surveille la route ? Jusqu’au niveau 2, c’est vous, même si la voiture tient le volant. À partir du niveau 3, c’est le système, dans un cadre précis.

Niveau Qui surveille la route ? Exemples En France, aujourd’hui
1 et 2
aides à la conduite
Vous, en permanence, même mains libres Régulateur adaptatif, maintien dans la voie ; assistant BMW « mains libres » jusqu’à 130 km/h ; Tesla FSD supervisé Autorisé comme aide homologuée. Le FSD n’est pas autorisé en France : il y est en essai
3
délégation conditionnelle
Le système, dans son domaine (autoroute, bouchon…). Vous reprenez la main à sa demande BMW Personal Pilot L3 (jusqu’à 60 km/h) ; Mercedes Drive Pilot (jusqu’à 95 km/h en Allemagne) Légal depuis 2021, mais BMW et Mercedes y renoncent sur leurs nouveaux modèles
4
sans conducteur, zone définie
Le système, sans personne au volant Navettes urbaines, robotaxis Règles européennes d’homologation adoptées ; services encadrés par le Code des transports
5
partout, tout le temps
Le système Aucun N’existe pas

Niveaux décrits par Libération (14/10/2026) et la Commission européenne ; exemples : L’Auto-Journal (24/02/2026), franceinfo (03/09/2026). Le décret français parle de véhicule « partiellement », « hautement » ou « totalement » automatisé.

🇫🇷 Ce qui est déjà légal en France

Le décret n° 2021-873 du 29 juin 2021 a fait entrer le « véhicule à délégation de conduite » dans le Code de la route. Quand le système conduit dans ses conditions d’utilisation, l’article R412-6 (être en état de faire « toutes les manœuvres ») ne s’applique plus au conducteur. Mais il doit rester « en état et en position » de reprendre la main, et la reprendre sans délai face à un policier ou un véhicule prioritaire (R412-17-1). Sinon : contravention de 2e classe, soit 35 € au barème des amendes forfaitaires.

Le texte n’écarte que l’article R412-6. Il ne dit rien du téléphone tenu en main ni des écrans, encadrés par d’autres articles (voir ce que le Code autorise au volant). En revanche, le titulaire de la carte grise peut demander à être exonéré d’une amende si le système était actif au moment de l’infraction.

Le hic : plus grand-chose à acheter. BMW retire le niveau 3 de sa Série 7 avec le restylage de fin avril 2026 (option d’environ 6 000 €, active jusqu’à 60 km/h), après Mercedes et son Drive Pilot. Stellantis a aussi suspendu son projet. Place au niveau 2 « mains libres », où vous restez responsable.

🔧 Valeo, la pièce française du puzzle

Au Mondial, Valeo présente son lidar SCALA 3, conçu pour la conduite non supervisée de niveau 3 et 4 « jusqu’à 130 km/h », avec une détection d’obstacles au-delà de 200 mètres (chiffres du fabricant). Si l’Europe ouvre la porte, l’équipementier français compte bien être derrière.

📲 Mise à jour logicielle : gare aux 750 € ?

Autonews relayait le 13 octobre l’alerte d’Ovoko, un site de pièces auto : une fonction activée par une mise à jour avant d’être autorisée dans le pays d’immatriculation exposerait à « des sanctions pouvant atteindre 750 euros ». Autonews le précise lui-même : ce n’est « pas une sanction automatique », et le texte applicable n’est pas cité. Nos réflexes : lisez les conditions d’utilisation (le vendeur doit vous les fournir), interrogez votre assureur et gardez la main. Et une mise à jour peut aussi corriger un défaut : vérifiez les rappels.

Notre lecture

Le « premier trimestre 2027 » est un objectif rapporté par Libération, pas un texte publié. D’abord viendront des navettes et des robotaxis dans des zones balisées, et des aides de niveau 2 toujours plus bavardes. La voiture où l’on lit le journal pendant que le volant tourne tout seul ? Même les constructeurs ont reculé cette année. Gardez donc les yeux sur la route, et le téléphone loin des mains : il peut coûter le permis.

Navette autonome électrique rouge i-Cristal de Lohr et Transdev, sans volant, exposée dans un hall vitré
Navette autonome i-Cristal (Lohr, Transdev, Mobileye) : le niveau 4 visé en premier. Photo : Ilan Ben Oudiz, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Mise à jour du 17 octobre 2026

Pendant que Tesla mise sur la conduite autonome, Elon Musk présente son nouveau Roadster comme la seule voiture que la marque fera conduire à la main à long terme (Car and Driver). Sa version capable de voler n’est pas approuvée pour la route publique, et aucune homologation européenne n’a été annoncée : Tesla Roadster « volante » : ce qui est réel, ce qui relève du show.

FAQ

Une voiture autonome est-elle légale en France ?

Oui pour le niveau 3, depuis le décret du 29 juin 2021, avec un système homologué utilisé dans ses conditions (autoroute, bouchon…). Mais BMW et Mercedes, qui le proposaient, y renoncent sur leurs nouveaux modèles. Le niveau 4 existe pour des navettes et services de transport encadrés.

Le FSD de Tesla est-il autorisé en France ?

Non, au 15 octobre 2026. Deux voitures sont en essai depuis septembre. Une autorisation européenne passerait par un vote en comité, possible en décembre selon NeoTeo, sans garantie. Et ce serait une aide de niveau 2 : vous resteriez responsable.

En niveau 3, peut-on lire ses mails au volant ?

L’option BMW le permettait, selon L’Auto-Journal. Le Code français écarte seulement l’article R412-6 quand le système conduit, et vous impose de rester prêt à reprendre la main. Aucune exemption n’est écrite pour le téléphone tenu en main : prudence.

Qui paie l’amende si la voiture conduit seule ?

En niveau 3 activé dans ses conditions, le titulaire de la carte grise peut demander une exonération avec les données enregistrées. En niveau 2 (FSD, aides « mains libres »), c’est vous, sans débat. Une dashcam peut aider à prouver ce qui s’est passé.

Sources

Limites

  • L’article de Libération est payant : seuls le chapô et le début ont été lus. Aucun texte de la Commission confirmant l’échéance 2027 n’a été trouvé le 15/10.
  • Le calendrier de l’acte européen (4e trimestre 2026) vient d’un cabinet d’avocats ; celui du vote sur le FSD, de la presse spécialisée.
  • Les performances du lidar Valeo sont celles annoncées par le fabricant.
  • Lecture des textes français, pas un conseil juridique personnalisé.
  • Photo à la une : navette Navly à Lyon Confluence, lors d’une expérimentation (2017).

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