Route départementale de campagne bordée de prés et de poteaux électriques, avec au premier plan un panneau triangulaire rouge annonçant une succession de virages sur 3 000 mètres, sous un ciel bleu

Mortalité routière : 268 morts en septembre 2026, mais les blessés graves bondissent

Mis à jour le 20 octobre 2026 à 4 h 53 · Actus auto · d’après le baromètre de l’ONISR (Observatoire national interministériel de la sécurité routière) et le communiqué de la ministre déléguée cité par l’AFP · aucun lien affilié

L’essentiel

  • 📉 268 personnes tuées sur les routes de France métropolitaine en septembre 2026, contre 283 un an plus tôt (−5 %). Troisième mois de baisse d’affilée.
  • 🚑 Mais 1 685 blessés graves (+15 %), et +10 % depuis janvier. Les vélos (+34 %), trottinettes (+33 %) et piétons (+25 %) en tête.
  • 🚗 Côté voiture, 110 automobilistes tués en septembre (−20) et −19 % sur l’été. En revanche, les blessés graves en voiture progressent de 8 % sur un an.
  • 🌾 Les routes hors agglomération concentrent 2 morts sur 3 en septembre (177 sur 268), et c’est le seul réseau où le nombre de tués augmente (+16).
  • 🗓️ Avec le passage à l’heure d’hiver dimanche 25 octobre, la période qui s’ouvre est traditionnellement dure pour les piétons.

268

tués en septembre

−5 % sur un an, France métropolitaine (ONISR)

+15 %

de blessés graves

1 685 en septembre 2026, contre environ 1 470 en 2025 (ONISR)

−19 %

d’automobilistes tués

de juillet à septembre : 360, contre 446 en 2025 (ONISR)

Bonne nouvelle d’abord, et elle mérite d’être dite sans bouder : l’été et la rentrée 2026 ont été moins meurtriers que ceux de 2025 sur les routes. Le baromètre de septembre, mis en ligne par l’ONISR le 16 octobre et commenté lundi 19 par le gouvernement, confirme une troisième baisse mensuelle consécutive. Mais dans le même document, une autre courbe file dans l’autre sens : celle des blessés graves. Moins de morts, plus de vies abîmées. Voici ce que disent vraiment les chiffres, et ce qu’ils changent pour vous au volant.

📊 Ce que dit le baromètre de septembre

En septembre 2026, l’ONISR estime que 268 personnes sont mortes sur les routes de métropole, 15 de moins qu’en septembre 2025. Sur le trimestre juillet-septembre, le recul est plus net : 841 tués, −12 %. Depuis janvier, on compte 2 371 tués en métropole, soit −2 % sur un an.

Le revers de la médaille, c’est la gravité des blessures. 1 685 personnes ont été gravement blessées en septembre (+15 %) et 14 089 depuis janvier (+10 %). Le nombre d’accidents corporels enregistrés par la police et la gendarmerie grimpe lui aussi : 4 826 en septembre, +7 %. Autrement dit, il y a plus d’accidents, mais ils tuent un peu moins.

Moins de morts, plus de blessés gravesCumul de janvier à septembre, France métropolitaine (ONISR, baromètre de septembre 2026 ; 2026 = estimation).Personnes tuées2026 : 2 371, soit −2 % sur un an2 56520172 42020182 44620191 95420202 11820212 44420222 28020232 33020242 41520252 3712026Blessés graves (estimation ONISR-Université Gustave Eiffel)2026 : 14 089, soit +10 % sur un an12 925201712 184201812 359201910 398202012 064202112 263202212 103202312 126202412 787202514 0892026Barres pâles : 2020-2021, années perturbées par la pandémie.

🚗 Et pour les automobilistes ?

Les occupants de voitures restent les premières victimes : 1 490 tués sur les douze derniers mois, près de la moitié de la mortalité routière, précise l’ONISR. La tendance est pourtant la meilleure de tous les usagers : −20 tués en septembre, −19 % sur l’été, −6 % sur un an.

Ne sortez pas le champagne pour autant : sur douze mois, les blessés graves en voiture augmentent de 8 % (5 364), et même de 11 % en agglomération. En ville, le nombre d’automobilistes tués progresse aussi (+4 % sur un an), alors qu’il baisse hors agglomération (−8 %) et sur autoroute (−11 %).

Usagers Tués en septembre 2026 Blessés graves en septembre Tués sur 12 mois Blessés graves sur 12 mois
🚗 Automobilistes 110 (−20) 416 1 490 (−6 %) 5 364 (+8 %)
🏍️ Deux-roues motorisés 67 (+5) 536 665 (−5 %) 5 424 (+4 %)
🚶 Piétons 37 (−6) 189 487 (stable) 2 097 (+8 %)
🚲 Cyclistes 35 (+14) 333 256 (+15 %) 3 042 (+10 %)
🛴 Trottinettes et autres EDPm 4 (−5) 153 79 (stable) 1 475 (+36 %)
Total (y compris utilitaires et poids lourds) 268 (−15) 1 685 (+15 %) 3 219 (−2 %) 18 053 (+9 %)

France métropolitaine. Entre parenthèses : écart avec septembre 2025 (en nombre de tués) ou évolution sur 12 mois (octobre 2025 à septembre 2026 comparé aux 12 mois précédents). Les « automobilistes » sont les occupants de véhicules légers ; les utilitaires et poids lourds sont comptés dans le total seulement. Source : ONISR, baromètre de septembre 2026 (estimations d’après les données arrêtées au 7 octobre).

🌾 La route de campagne, toujours la plus dangereuse

En septembre, 177 des 268 tués l’ont été sur des routes hors agglomération, soit 66 % (calcul Oxycar). C’est aussi le seul réseau où la mortalité augmente ce mois-ci : +16 tués, quand elle recule en ville (−26) et sur autoroute (−5). Sur un an, ces routes totalisent 1 940 morts, contre 252 sur autoroute.

Ce sont aussi celles où l’on croise de plus en plus de cyclistes : l’ONISR relève un engouement pour le vélo de loisir « en milieu rural ». Un rappel qui ne coûte rien : pour dépasser un vélo, il faut laisser 1 m en agglomération et 1,50 m hors agglomération (article R414-4 du Code de la route), sous peine d’une amende de 4e classe et de 3 points.

🚲 Vélos, motos, trottinettes : là où ça se dégrade

Les cyclistes paient le prix fort : 35 tués en septembre (+14) et 256 sur un an, +15 %, et même +37 % par rapport à 2019. Les blessés graves à trottinette électrique et autres engins motorisés explosent : 1 475 sur un an, +36 %. Les deux-roues motorisés comptent 67 tués en septembre (+5).

Côté âges, la mortalité des 65 ans et plus continue de grimper : 947 tués sur un an, +2 %, et +12 % par rapport à 2019. Les 18-24 ans, eux, s’améliorent (493 tués, −6 % sur un an). Ce débat sur les seniors au volant, nous l’avons détaillé dans ce que prévoit vraiment la directive européenne sur le permis après 70 ans.

🏛️ Ce qu’en dit le gouvernement

« Trois mois consécutifs de baisse de la mortalité routière, c’est une tendance encourageante », a salué Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, dans un communiqué cité par l’AFP. Ce n’est « ni une victoire, ni une raison de relâcher nos efforts », a-t-elle ajouté, selon BFMTV.

Deux annonces l’accompagnent. Sur le téléphone, qui « détourne l’attention et peut tuer en quelques secondes », la ministre dit renforcer « le recours à la suspension administrative du permis », celle que le préfet peut désormais prononcer partout en France (voir notre article sur le téléphone au volant). Sur les trottinettes, elle évoque des « avancées » vers un casque obligatoire, sans calendrier précis à ce stade.

En outre-mer, 20 personnes ont été tuées en septembre, trois de plus qu’un an plus tôt, dont 11 automobilistes. Depuis janvier, la Sécurité routière dénombre 2 542 tués sur l’ensemble du territoire.

🧭 Ce que ça change pour vous cette semaine

🔎 Notre lecture

Un mois, c’est court : 15 tués de moins, c’est une vraie bonne nouvelle, mais statistiquement fragile. Le signal le plus solide est sur l’été (−12 %) et sur l’année (−2 %). Ce qui inquiète, c’est la hausse durable des blessés graves, surtout chez les cyclistes et les usagers de trottinettes, avec un nombre d’accidents qui augmente. Pour un automobiliste, la leçon est simple : en ville comme sur les petites routes, on partage de plus en plus la chaussée avec des usagers fragiles. L’écart latéral, le regard dans le rétro avant d’ouvrir la portière et le téléphone rangé comptent plus que jamais.

❓ FAQ

Qu’appelle-t-on un « blessé grave » ?

C’est une personne dont les blessures atteignent le niveau 3 ou plus sur l’échelle médicale AIS (M.AIS3+). Comme la police et la gendarmerie ne sont pas toujours prévenues quand l’accident n’est pas mortel, l’ONISR corrige leurs constats avec un modèle établi avec l’Université Gustave Eiffel à partir du registre des victimes du Rhône. C’est donc une estimation, pas un comptage.

Ces chiffres sont-ils définitifs ?

Non. Les chiffres 2026 sont des estimations établies d’après les données arrêtées au 7 octobre ; ils peuvent encore bouger. Les données définitives d’une année sont intégrées à partir du baromètre de mai de l’année suivante.

Quand sortira le chiffre d’octobre ?

Le baromètre d’un mois est publié le mois suivant : celui d’octobre 2026 est donc attendu en novembre, sur le site de l’ONISR.

📚 Sources

Limites. Tous les chiffres 2026 sont des estimations provisoires de l’ONISR (données arrêtées au 7 octobre) et peuvent être révisés. Les blessés graves sont modélisés, pas comptés un à un. Le chiffre de septembre 2025 pour les blessés graves (environ 1 470) est déduit par Oxycar de la hausse de 15 % annoncée. La part des tués hors agglomération (66 %) est un calcul Oxycar. Dans le PDF, la comparaison des automobilistes avec 2019 diffère entre le texte (−6 %) et la légende du graphique (−8 %) : nous ne l’avons pas reprise. Le communiqué de la ministre est cité d’après l’AFP et BFMTV, pas lu en version originale. Aucun lien affilié.

Retour en haut